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2015.05 Alumnae. Martina Di Sarli (6)web   Martina Di Sarli

 

« Le master, ce fut une belle étape »

 

Après des études de médecine générale à Paris VI et à Paris V, Martina Di Sarli « voulait faire des études liées à la santé », et s’inscrit dans le master Erasmus Mundus à l’EHESS. Après son internat, passer de « l’ambiance des salles de garde » à « un lieu d’érudition » fut un réel soulagement. Décalage aussi entre la médecine où « l’on apprend par cœur » et le master où « se posent de vraies questions ». De ses deux années à l’Ecole, elle garde le souvenir d’un « milieu très international, avec des gens aux professions diverses, un univers fascinant qu’elle ne connaissait pas du tout ». Spécialiste en addictologie, elle convoque dans sa pratique quotidienne moins les enseignements de ce master qu’une ferme position pour appréhender dans sa globalité « la personne avec son état physique et psychique ». Elle évoque la sociologie « comme un espace de résistance au phénomène de mondialisation  « admire beaucoup les chercheurs », et s’emploie constamment à « réfléchir autrement ». Martina Di Sarli garde un lien amical avec une docteure en sciences sociales, ce qui lui permet de confronter sa pratique quotidienne concernant notamment l’hépatite C, à la théorie.

2009, master «La prescription de psychotropes en soins primaires à Barcelone. Etude descriptive» sous la direction de Richard Rechtman

 

2015.05 Alumnae Khadija Azougach (13)Khadija Azougach

 

« Le droit sans la sociologie et l’anthropologie, ce n’est rien. »

 

Titulaire d’un DEA en droit international de la Sorbonne, et d’un DEA en anthropologie à l’EHESS pour mieux « comprendre d’où est issu le droit, et dans quelles sociétés il a été conçu », Khadija Azougach soutient une thèse à Paris 1, préparée à l’Ecole, et publiée sous le titre Les droits fondamentaux face à la pauvreté : l’exemple de la santé. Enseignante à Paris 13 et avocate, elle défend les femmes victimes de violence dans le cadre du planning familial et au sein de plusieurs ONGs internationales. Son mémoire de DEA lui a valu d’être appelée à la Cour de justice de Namur « en tant qu’experte des crimes d’honneur ». Elle souligne les fondements patriarcaux du droit, « le bon père de famille », et le monopole masculin « dans les grands cabinets » où tout est fait pour « vous priver d’une vie de famille », en sorte qu’elle préfère offrir ses services autrement, et soutient l’association de femmes avocates « Mômes à la barre », créée pour faire évoluer un milieu rétif à prendre en compte les contraintes familiales assignées aux femmes dans l’exercice de leur profession. Khadija Azougach se félicite également de la place plus importante donnée au droit à l’EHESS.

2009, DEA «Les crimes d’honneur d’un point de vue comparé» sous la direction de Edouard Conte et Pierre Bonte

 

2015.03 Alumnae Amo Kae 5  Kae Amo

 

« Entre le Japon, l’Afrique, et la France. »

 

Kae Amo vit et se « construit » entre trois cultures et trois mondes universitaires très différents : Japon, Sénégal, France, dans lesquels elle se sent aujourd’hui « à l’aise ». à l’université au Japon, la coopération avec le Sénégal était développée ; lorsqu’un chercheur spécialiste de l’islam lui a conseillé de s’intéresser à l’Afrique musulmane, elle n’a pas hésité à partir à Dakar. Au Sénégal, devenu sa « seconde maison », elle a mené plusieurs enquêtes dans les universités et les institutions islamiques, appris à communiquer avec des « gens très différents », préparé une maîtrise de sociologie, puis est retournée au Japon. Venue ensuite à Paris, et à l’EHESS, sur le conseil de plusieurs personnes, elle a été frappée par les « personnels magnifiques » du Centre d’études africaines, par la possibilité de définir elle-même les thèmes de recherche, tout en ayant des séminaires, un soutien et de l’encadrement assurés par ses directeurs de master puis de thèse, Fabienne Samson et Jean-Pierre Dozon. Depuis trois ans, Kae Amo est chargée de mission à la Fondation France-Japon, pour l’organisation de conférences, d’événements, la collaboration à l’édition d’une Lettre, tout en étant active dans le Réseau des jeunes chercheurs en études africaines, et en préparant sa thèse.

2009, Master « Les religieux à l’université : le mouvement politico-religieux à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar » sous la direction de Fabienne Samson

 

2015.04 Alumnae Anne-Clare Roux (3)  Anne-Claire Roux

 

« Ce qui m’a aidée, c’est mon sujet de mémoire. »

 

Etudiante à la Sorbonne et à l’INALCO, Anne-Claire Roux saisit l’opportunité offerte par la création d’un parcours de spécialisation du master Sciences sociales sur le « Mondes russe ». De son passage à l’Ecole, elle garde le souvenir de « séminaires en petits groupes dans de petites salles vétustes », « de liberté plus grande d’avancer à son rythme, mais d’être moins encadrée ». Elle en conserve d’ailleurs « une toute petite brochure, gardée comme souvenir ».

Sa formation à l’EHESS, dont elle regrette l’absence de préparation professionnelle, « lui a été utile », puisqu’elle est actuellement responsable des relations avec la Russie et la CEI, et responsable du financement du développement durable, au sein d’une association, Paris EUROPLACE, représentant la place financière de Paris et comprenant « les membres du CAC 40, les banques, les investisseurs, les compagnies d’assurance ». Anne-Claire Roux prépare pour cette année à l’UNESCO la conférence de l’ONU sur le climat, « comme quoi », dit-elle, « un sujet de recherche qui peut paraître très fermé », mais qui est « d’actualité », « peut malgré tout déboucher sur quelque chose d’un peu plus concret ». Parfois, on lui dit : « ah ! tu as fait l’EHESS. »

2010, Master « Le débat autour de la préparation des jeux olympiques d’hiver de Sotchi 2014 : environnement et politique en Russie aujourd’hui» sous la direction d’Alain Blum et de Marie-Hélène Mandrillon

 

2015.06 Alumnae Denise Vernerey (8)  Denise Vernerey

 

« Transmettre l’art de cime en cime »

 

Enseignante d’allemand en lycée, Denise Vernerey rencontre son futur mari, étudiant en chirurgie dentaire : une fois son mari diplômé, elle pourra reprendre des études. Cependant, la famille s’agrandit avec trois enfants. Elle patiente mais ne renonce pas. Elle revient alors vers sa passion d’enfance, découverte avec son grand-père, artiste peintre : l’art. A l’Ecole du Louvre, repérée pour ses qualités, elle assure les travaux dirigés, puis recrutée comme chargée de recherche, elle réalise la première banque interactive en milieu muséal. Elle fonde ensuite une société d’édition artistique et monte une collection de CD Rom sur les monuments d’Europe. L’aventure éditoriale durera dix ans. Voulant poursuivre dans ce domaine, elle s’inscrit en thèse avec Michael Werner en étudiant trois peintres allemands contemporains. Elle découvre avec enthousiasme les méthodes de recherche interdisciplinaires et les échanges en séminaire. A l’issue de sa thèse, désormais chercheuse associée dans son labo, elle monte un programme franco-allemand mêlant chercheurs et doctorants. Elle est au Conseil scientifique de l’exposition qui se tiendra à Paris sur Otto Freundlich en 2016. Par ailleurs, elle milite à Action contre la faim, lance une association d’aide aux enfants burkinabés et participe aux travaux de restitution des biens juifs confisqués. L’Ecole est pour elle une référence précieuse.

Thèse, 2012. Regards de l'est sur l'abstraction. Otto Freundlich, Etienne Béothy, Jean Leppien, sous la direction de Michaël Werner

 

Léa Le Quéau

(Photo personnelle)

  Léa Le Quéau

 

« Ne jamais perdre de vue l’apport des sciences humaines. »

 Après des études diversifiées (première année d’école d’ingénieur à Lyon, classe préparatoire de Lettres et sciences sociales à Nantes, magistère d’économie à Paris I), Léa Le Quéau choisit de préparer le master 2 de Politiques Publiques et Développement à l’Ecole d’économie de Paris, au campus Jourdan, un lieu « chargé de culture » qui « bouillonnait de curiosité intellectuelle ». Elle entre ainsi dans une filière, à ses yeux, sans doute « une des plus scientifiques de l’Ecole », et y a toujours senti « une vraie démarche de pluridisciplinarité, incarnée dans les disciplines enseignées, le contenu des cours et les débouchés choisis par les élèves ».

Admise également au concours de rédacteur à la Banque de France, elle y occupe durant deux ans un poste à la direction des études de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution. Une « opportunité professionnelle exceptionnelle » lui est ensuite proposée : participer à la mise en place d’une nouvelle institution, le Mécanisme de surveillance unique à la Banque centrale européenne à Francfort. Si Léa Le Quéau accepte ce défi, et obtient un poste opérationnel d’analyste en supervision d’établissements bancaires, elle sait aussi qu’un jour elle pourra intégrer les services de recherche en macro économie et en politique publique à la BDF ou à la BCE.

2012, Master, Les marchés du travail européens face à la crise économique – étude sur micro-données – Irlande, Portugal, Açores, Madère, sous la direction de Philippe Askenazy

 

 

2015.06 Alumnae Sophie Chevalier (6)  Sophie Chevalier

 

«Mes intérêts familiers sont devenus anthropologiques. »

 

Titulaire de deux masters en droit et en anthropologie, Sophie Chevalier soutient son doctorat en 1992 à l’université Paris X-Nanterre, fait un post doctorat à l’université de Cambridge, puis est élue maîtresse de conférences à l’université de Franche-Comté. Elle soutient son HDR à l’EHESS, et souligne « qu’elle a aimé cet exercice réflexif sur son travail de recherche et son itinéraire », puis elle devient professeure à l’université de Picardie Jules Verne.

Pour elle, l’Ecole est « le lieu des historiens et des anthropologues, notamment ceux du proche et du familier » et c’est boulevard Raspail qu’elle continue à participer et organise des réunions éditoriales, des colloques et des séminaires. L’EHESS, une institution où «  tout chercheur qui a trois idées peut organiser un séminaire, s’inscrit en opposition avec la logique comptable qui prévaut aujourd’hui dans le supérieur ».  « C'est réjouissant qu’un tel endroit existe encore ! »

A la cafétéria du 54, se souvient-elle, "comme étudiante, on pouvait observer les auteurs dont nous avions lu les ouvrages et plus tard, rencontrer des collègues surtout étrangers; de ce point de vue le déménagement a été catastrophique ». Elle précise que « l’Ecole a joué et continue à jouer un rôle central dans sa sociabilité professionnelle ».

2014, HDR, « Pour une anthropologie politique des pratiques économiques », avec comme garant

Jean-François Gossiaux.

 

2015.05 Alumnae- Stéphanie Barral (11)  Stéphanie Barral

 

«  Je me sens fidèle à mes aspirations »

 

Après deux années à l’Ecole d’agronomie de Montpellier, Stéphanie Barral « ne s’y sent pas à sa place », et prend une année sabbatique pour réaliser un documentaire sur la Mongolie, puis revient passer son diplôme d’ingénieur, déterminée à se former aux sciences sociales à l’université Paul Valéry de Montpellier. Une allocation de recherche du Cirad lui permet la codirection de son doctorat avec l’EHESS, « le lieu le plus prestigieux pour faire de la sociologie ». Pendant les quatorze mois d’un terrain difficile en Indonésie, lors d’un comité de thèse à Djakarta, elle réoriente son sujet sur le changement social dans les villages pour une sociologie du capitalisme agraire. Après la soutenance de sa thèse, distinguée par le prix de l’Académie d’Agriculture, elle dit « avoir trouvé sa voie », commence un post-doctorat et se présente au concours de l’INRA qu’elle réussit. Pour elle, « l’EHESS c’est l’érudition, l’ouverture d’esprit, la liberté de choix », et « le poinçon de l’Ecole sur la thèse, ça impressionne ». « La recherche me passionne », ajoute-t-elle, très heureuse de découvrir à l’INRA un autre registre de la sociologie, et « un travail où le collectif est très présent ». « Epanouie », précise-t-elle, « je suis les choses qui m’appellent malgré les contraintes, de façon assez instinctive ».

2014, Thèse « Le nouvel esprit du capitalisme agraire. Les formes de l’autonomie ouvrière dans les plantations de palmiers à huile en Indonésie », sous la direction de Serge Paugam et de Robin Bourgeois.

 

2015.02 Alumnae Solenn Carof 16  Solenn Carof

 

«L’Ecole : un lieu de sociabilités »

 

Titulaire d’un master en philosophie, d’un master en sciences politiques de l’IEP de Lille, d’un master en sociologie de l’EHESS, Solenn Carof, forte de cette formation interdisciplinaire, s’inscrit en doctorat qu’elle soutient le 5 janvier 2015, devenant ainsi la première docteure de l’année. Allocataire de recherche de l’Institut Emilie du Châtelet, elle a également été ATER à l’Université du Havre, et envisage une carrière d’enseignante-chercheure. Elle souligne la différence de formation entre Sciences Po et l’EHESS où dit-elle « le travail est plus libre, avec moins de cadres préconçus ». Elle continue de fréquenter assidument la bibliothèque du « France », et un « cercle d’ami-e-s qui finissent leur thèse », au sein duquel elle a rencontré son compagnon, lui-même doctorant.

Pendant son doctorat, et stimulée par des questions suscitées par son sujet de thèse, Solenn Carof s’engage dans une association féministe pour soutenir les femmes immigrées dans leurs démarches administratives, et milite à Europe Ecologie Les Verts, notamment sur les questions des dimensions sociales de l’alimentation, de la biodiversité alimentaire, des OGMs, dans une optique comparative. Docteure, elle se situe dans ce moment où se joue la concurrence pour les postes d’enseignants/chercheurs, avec comme ressource, dit-elle, « une Ecole interdisciplinaire très reconnue ».

2015, Thèse « Le « surpoids », un stigmate acceptable ? Représentations, discriminations et réappropriations des rondeurs féminines en France, en Allemagne et en Angleterre », sous la direction de Claude Fischler

 

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(Photo personnelle)

  Mathilde Forissier de Soos

 

« Interrompue dans son envol »

 

 

Titulaire d’un master en droit des affaires, Mathilde Forissier de Soos obtient un master en journalisme international à Londres, puis vient à l’EHESS pour une année de recherche. Son mémoire sur Chris Marker la conforte dans le fait que le cinéma est un métier d’engagement et de conviction. Elle décide alors de changer de voie  professionnelle pour devenir monteuse, et réalise trois courts métrages dont l’un a été sélectionné à Cannes dans le cadre du Short Film Corner. Elle apprend la technique directement auprès de monteurs, et devient assistante monteuse du film d’érick Zonca, Soldat blanc. Elle participe à la réalisation d’un documentaire pour Canal Plus sur le sexisme en politique de Charlotte Rotman, et à celle d’un documentaire de Bertrand Tavernier ; elle réalise aussi la maquette de la brochure  « Où sont les femmes ? », de la Société des auteurs et compositeurs dramatiques.

Arrivée au Népal, la veille du tremblement de terre du 25 avril 2015, avec Pierre-Vladimir Lobadowsky, son compagnon, chargé de mission auprès de la Ministre de la culture et de la communication, lui aussi titulaire d’un master de l’EHESS, ils trouvent tous deux la mort dans l'effondrement d’un temple sur la place de Basantapur Durpar de Katmandou. Ils sont et seront présents dans nos mémoires.

2013, Master, "Le rôle du montage dans l’œuvre de Chris Marker", sous la direction de Jean-Paul Colleyn.

Catégories : 40 ans